Né à Zwolle et mort à Deventer, Gerard Ter Borch reprit les scènes de genre inaugurées par des peintres comme Codde, Duyster et les ennoblit en les plaçant dans des intérieurs bourgeois, en s'attachant à décrire des scènes intimistes raffinées, pleines de retenue et tout en nuances psychologiques.
Ter Borch fréquenta l'atelier de Pieter Molyn à Haarlem où il fut membre de la Gilde en 1635, puis voyagea beaucoup, notamment en Espagne, en France et en Italie. Il se rendit à Münster à l'époque du congrès diplomatique où il fut employé comme portraitiste et exécuta La Ratification du traité de Münster (National Gallery, Londres). En 1654, il se fixa à Deventer où il mena une activité de portraitiste très appréciée tout en prenant part à la vie politique de sa ville.
Ses premiers dessins — personnages pris sur le vif, paysages, scènes de la vie quotidienne —, exécutés lors de son apprentissage chez son père, Gerard Ter Borch le Vieux (1584-1642), révèlent un talent précoce et son goût pour le réalisme. Dès 1640, et peut-être influencé par Velázquez, Ter Borch s'impose par ses portraits dépouillés où il neutralise le fond pour arriver à une extraordinaire vérité psychologique, tels le Portrait d'homme (musée de Richmond) ou Le Vieux Violoncelliste (Ermitage, Saint-Pétersbourg). À partir de 1660, il acquiert une formule plus enrichie où il insiste davantage sur le rendu des vêtements et les accessoires, place les personnages dans une pièce, un peu au détriment de l'intensité de la vie intérieure (Portrait d'une dame, Sorbonne, Paris). Plus intéressant chez Gerard Ter Borch est son rôle d'introducteur des scènes intimistes qui apparaissent avec la génération née entre 1610 et 1620. Un petit groupe d'artistes, formés dans l'atelier de Hals, est à l'origine de la peinture de genre hollandaise, et les premières œuvres de Ter Borch, représentant des figures de soldats mangeant, fumant ou jouant aux cartes (Corps de garde, Victoria and Albert Museum, Londres), ne diffèrent pas des sujets de genre d […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



