Membre le plus connu de toute une dynastie de peintres liégeois, Gérard de Lairesse, filleul de Gérard Douffet et frère de trois autres peintres, fut influencé par son père Reynier (env. 1597-1667) qui avait conquis quelque réputation par ses talents de peintre décorateur et « marbreur » (il imitait la pierre), mais Gérard fut plus marqué encore par B. Flemalle, le meilleur poussiniste de l'école de Liège. Ses débuts sont précoces et brillants. Dès 1660, il exécute pour la cathédrale d'Aix-la-Chapelle un Martyre de sainte Ursule (conservé au musée Suermondt à Aix-la-Chapelle) puis multiplie les grands tableaux religieux dans cette manière fine et décorative où il fera merveille, très française de culture (à comparer avec celle d'un Le Brun) : ainsi la Conversion de saint Augustin au musée de Caen (aux Ursulines de Liège jusqu'en 1794), le Baptême de saint Augustin au musée de Mayence (même provenance), ou bien l'Orphée aux enfers de 1662 au musée d'Asembourg à Liège. Une affaire galante dégénérée en rixe — Lairesse menait une vie assez désordonnée — l'oblige à fuir dans les Pays-Bas du Nord en 1664, d'abord à Bois-le-Duc puis à Utrecht (1665). Il s'établit enfin — et définitivement — en 1667 à Amsterdam, dont il devient alors citoyen et où il travaille un temps pour le marchand Gérard Uylenburch, un parent de Rembrandt. Très vite le succès vint, la haute bourgeoisie et les patriciens d'Amsterdam aux goûts littéraires et aristocratiques s'enthousiasmant pour cette peinture noble et cultivée, flatteuse et grandiose, qui exploitait brillamment les données de la mythologie et de l'allégorie. Lairesse s'imposa en particulier par une pratique nouvelle de la peinture de plafond. La science des raccourcis, la connaissance approfondie (et avouée comme telle dans ses écrits) des gravures de Vouet, un recours systématique à la perspective et à la déformation des corps lui assurèrent une supériorité sans égale. Alors que les plafonds peints dans les Pays-Bas étaient jusque-là des plafonds à caissons au cha […]
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