Le peuple géorgien, qui a rarement compté plus de cinq millions d'âmes, vit sur les hauteurs et dans les vallées de la chaîne du Caucase, qui a servi pendant bien des siècles de ligne de démarcation entre les nomades des steppes eurasiennes et les cultures plus évoluées du Moyen-Orient. De nombreuses peuplades envahirent les monts Elbrouz et Kazbek, entrés dans la légende comme le lieu du supplice de Prométhée. La population géorgienne est le résultat d'un brassage multiséculaire entre les peuples cultivés de l'Anatolie et de la Colchide, auxquels se sont mêlés les Indo-Européens et d'autres peuples migrateurs d'origine nordique. Dans l'Antiquité et au Moyen Âge, les envahisseurs, Grecs et Romains, Perses et Arabes, Turcs et Mongols, s'efforcèrent avec quelque opiniâtreté d'assimiler les Géorgiens. Depuis 1801, la Géorgie est politiquement rattachée à la Russie. Mais, sous le régime tsariste comme sous le régime soviétique, les Géorgiens ont toujours constitué une unité ethnique distincte et autonome, ils ont conservé leur langue, leurs coutumes et leur art.
La littérature géorgienne, qui compte quinze siècles d'histoire, est l'une des plus anciennes et des plus riches de l'Orient chrétien, et son importance est grande du point de vue scientifique. Elle possède, en effet, d'innombrables œuvres présentant toutes les variétés de littérature, et apporte ainsi une contribution précieuse à l'étude de maints problèmes relatifs aux littératures de l'Antiquité chrétienne et du Moyen Âge, ainsi qu'à l'histoire des relations des peuples du Proche-Orient et de Byzance.
Nombre de textes de grande valeur, dont les originaux grecs et syriaques sont considérés comme perdus, se sont conservés dans leur version géorgienne, et leur restitution n'est possible que grâce à ces rédactions.
Les premiers témoignages de l'artisanat et de l'art géorgien remontent à l'âge néolithique où, dès 5000 avant J.-C., le tissage et la poterie étaient florissants, ainsi que la métallurgie d'art qui apparaît au III
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 23 pages…



