Considéré hors de son pays comme une figure marquante de la direction d'orchestre française, Georges Prêtre n'a jamais connu le même succès en France, même si son étroite collaboration avec Francis Poulenc ou Maria Callas lui a conféré des lettres de noblesse indiscutables. Ce chef, qui est surtout reconnu comme un grand chef d'opéra, n'a que rarement accepté des fonctions permanentes dans des théâtres lyriques ou à la tête d'orchestres symphoniques. Sa carrière fut avant tout celle d'un chef invité.
Né à Waziers (Nord) le 14 août 1924, il vient travailler à Paris en 1939, où il remporte un premier prix de trompette au Conservatoire, en 1944. Il y étudie également l'harmonie, le contrepoint, l'analyse et l'histoire de la musique avec Henri Challan, Maurice Duruflé, Olivier Messiaen et Norbert Dufourcq. Il envisage alors une carrière de compositeur. Mais il se consacre à la direction d'orchestre, qu'il étudie avec André Cluytens. Il débute dans l'opérette sous le pseudonyme de Georges Dhérain (nom de jeune fille de sa mère), puis aborde l'opéra à l'Opéra de Marseille (1946) avec Samson et Dalila de Saint-Saëns puis avec Le Roi d'Ys de Lalo. Il y est aussitôt engagé comme premier chef. Suivent des engagements à l'Opéra de Lille (1948), à celui de Casablanca (1949-1951) et au Capitole de Toulouse (1951-1955). Puis il se voit proposer un poste permanent à l'Opéra-Comique (1956-1959), où il dirige notamment la première française de Capriccio de Richard Strauss (1957). C'est à cette époque qu'il rencontre Poulenc, dont il crée La Voix humaine en 1959, et qui le considère comme son interprète de référence. Il devient aussi le chef préféré de Maria Callas, avec laquelle il enregistre son premier disque en 1961. Il dirige régulièrement à l'Opéra de Paris (1959-1970), où il débute dans Faust avant de diriger, entre autres ouvrages, la création au Palais-Garnier de Médée de Cherubini (1962). Il est également au pupitre lors de la création de L'Opéra d'Aran de Gilbert Bécaud (1962) au Théâtre des Champs-Élysées.
La carrière de Georges Prêtre se dével […]
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