Plus que par sa pensée ou ses fonctions politiques, Georges Mandel marque l'entre-deux-guerres par sa personnalité : brillant, lucide, influent, courageux, énergique, combatif, paradoxal, orgueilleux... il n'obtint jamais les postes auxquels ses qualités et sa réputation auraient pourtant dû le conduire. Il conserve encore une notoriété sans rapport avec sa carrière.
Issu d'une modeste famille juive parisienne, Louis Georges Rothschild, après avoir pris le nom de sa mère, Mandel, débute à dix-sept ans par le journalisme, mais ce n'est pour lui qu’un tremplin vers la seule chose qui l'intéresse, vers ce qu'il appelle ce « métier dangereux » : homme politique. À L'Aurore, où il entre en 1906, il trouve son « patron » en Georges Clemenceau, dont il devient le collaborateur fidèle, le suivant à la présidence du Conseil comme chef de cabinet entre 1917 et 1919. Auprès du « Tigre », il forge pour toujours ses convictions politiques, plus nationales que sociales : pour un État vigoureux, une République forte, une France puissante. Élu député de centre-droit en Gironde, à Lesparre, en novembre 1919 (il le restera jusqu'en 1940, sauf entre 1924 et 1928), puis président du […]
