Le sculpteur Georges Jeanclos est né en 1933 à Paris. Il est mort avant la mise en place de son dernier grand œuvre, les Portes de la cathédrale de Lille, Georges Jeanclos fut un sculpteur dont la brillante carrière ne doit pas cacher une ambition artistique singulière. Après un apprentissage à l'école des Beaux-Arts de Paris, le grand prix de Rome en 1959 et un séjour à la Villa Médicis dirigée alors par Balthus, Jeanclos assuma à partir de 1972 la direction de l'atelier de recherche de la manufacture de Sèvres puis devint, en 1976, professeur à l'école des Beaux-Arts, mais il demeura un artiste à part, éloigné de tous les académismes contemporains.
On connaît peu ses dessins qui sont tantôt des vues des paysages aimés – Rome, Paris, Java, Bali, la Provence –, tantôt des portraits intimes. On y lit la précision dans le détail architectural ou le contour d'une lèvre et le désir de rendre compte d'un moment, d'une émotion. Ce travail contraste avec l'anonymat des premières sculptures, ces Dormeurs, « visages lisses aux crânes rasés [...] ressortissants du pays du sommeil [...] dont le nom est Personne » (Gaëtan Picon, 1975, cité par J. Clair, 1977). Cette série, qui imposa Jeanclos sur la scène artistique, figurait des gisants modernes, emmaillotés dans des draps et des guenilles, dont la fragilité paraissait témoigner de la survie difficile de l'humanité après la Shoah. D'origine israélite, Jeanclos mêla les traditions juives à l'art oriental ou à des thèmes antiques et chrétiens : les Urnes Kaddish (1978-1980) recèlent des visages précaires aux yeux fermés, liés à la prière funéraire du Kaddish (prière du fils pour son père mort), les Kamakura (1988) évoquent des moines japonais dont les têtes émergent d'étranges pyramides et les Barques (1988) reprennent le thème du voyage vers le royaume des morts. Mais, au-delà de ces sujets religieux, les œuvres de Jeanclos révèlent une humanité baignée de souffrance jusque dans la sensualité : Le Couple, Le Baiser, La Naissance (1980-1990).
De ces figures de faibles […]
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