2. À la tête du Comité de salut public
Fonceur né, il s'en tire en hurlant plus fort que les Enragés ; c'est lui qui enlève le vote, à la Convention, créant ce Tribunal révolutionnaire qui l'enverra à la mort un an plus tard. Le 6 avril 1793, il est élu membre du Comité de salut public nouvellement créé ; il en prend de fait, sans préséance officielle, la direction ; mais il n'y retrouve pas le même bonheur efficace qu'en août-septembre 1792. À l'intérieur, il laisse, presque à contrecœur, éliminer les Girondins de la scène politique ; il essaie ensuite, en vain, de s'offrir comme médiateur entre la Montagne et les rebelles ; il se montre incapable de prévenir ou de réprimer les soulèvements « fédéralistes » que les notables suscitent dans les deux tiers des départements ; il ne peut empêcher le mouvement vendéen de s'étendre. À l'extérieur, il ne peut réussir à disloquer la coalition, ni à marquer un seul coup d'arrêt à la progression de l'ennemi en deçà des frontières de la République. L'audacieux Danton n'a plus recours qu'aux tractations clandestines et à la diplomatie secrète : politique lente et louvoyante qui n'aurait pu réussir qu'en une conjoncture moins explosive. Il voudrait aboutir à une paix de compromis : les ennemis, qui déjà se croient vainqueurs, amusent ses agents sans leur répondre. Rien d'étonnant si, le 10 juillet, après trois mois d'échec et devant des périls qui toujours s'aggravent, la Convention élimine Danton du Comité de salut public... pour y élire Robespierre quelques jours après.
Une fois de plus, Danton n'accuse le coup qu'en pratiquant la surenchère verbale : en août et septembre, il défend avec faconde les revendications des sans-culottes, appuie la mise de la Terreur à l'ordre du jour, comme la création de l'armée révolutionnaire. Se rend-il compte alors qu'il n'a pas trouvé la bonne tactique pour reconquérir le pouvoir ? Il se fait mettre en congé le 12 octobre et se retire (une fois de plus) à Arcis-sur-Aube. Il n'en revient, le 21 novembre, que pour impulser le mouve […]
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