Poète et romancier belge d'expression française, Georges Eekhoud débute dans le journalisme avant de publier ses premiers recueils de vers Myrtes et cyprès(1876), Pittoresques (1879). Ce sont des pièces sans grande originalité, fortement influencées par le Parnasse. Presque aussitôt d'ailleurs il s'en détache et il fonde, en 1881, avec Albert Giraud, Georges Rodenbach et quelques autres, le mouvement La Jeune Belgique. S'y réunissent des écrivains qui entendent conserver à la littérature belge son autonomie par rapport aux mouvements français et cherchent à susciter les talents nationaux. Ils encouragent un certain régionalisme, et la Campine natale de Georges Eekhoud reste fortement présente, décor et thème de ses descriptions, dans des récits tels que Kees Doorik(1883) ou Kermesses (1885). Mais il ne se limite pas à ce genre et voudrait donner à ses tableaux de mœurs la dimension d'un réalisme social. Il se sent solidaire des dépossédés et il peint avec sympathie le monde des paysans ou des ouvriers, dans La Nouvelle Carthage (1888) ou dans La Faiseuse d'amour (1900). La Nouvelle Carthage, livre écrit à la gloire […]
