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LA TOUR GEORGES DE (1593-1652)

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2.  Entre maniérisme et caravagisme

L'absence de documents sur les années de formation de Georges de La Tour (entre 1605 et 1615) réduit aux hypothèses l'étude des sources de son art. Les œuvres diurnes que l'on s'accorde à situer dans la première partie de la carrière de l'artiste – telle La Rixe du musée Paul Getty (Malibu, Californie) ou, plus tardive, La Diseuse de bonne aventure du Metropolitan Museum, New York – s'inscrivent dans le courant caravagesque par les sujets, l'inspiration réaliste et le cadrage des figures, mais elles doivent au maniérisme le brio de la facture, la préciosité des tons, les raffinements d'écriture et une certaine verve descriptive. La présence à Nancy, jusque vers 1625, du peintre Jacques de Bellange, adepte d'un maniérisme exacerbé à la poésie ambiguë et souvent déroutante, a amené certains critiques à suggérer que La Tour avait pu recevoir des leçons de ce grand artiste qui semble avoir œuvré toute sa vie pour la cour de Lorraine. À l'appui de cette hypothèse, on peut invoquer, outre des relations communes, les affinités typologiques et stylistiques qui rapprochent certaines œuvres diurnes de La Tour (Le Tricheur, par exemple) de l'un des très rares tableaux de Bellange conservés, La Déploration sur le Christ, musée de l'Ermitage (Saint-Pétersbourg), une scène nocturne éclairée à la chandelle.

Comme peintre de « nuits », c'est-à-dire de nocturnes éclairés par une source lumineuse artificielle visible dans le tableau, La Tour s'inscrit dans un courant fort ancien de la peinture occidentale, auquel le caravagisme apporta toute la force de conviction de son langage réaliste. Au-delà du luminisme, c'est chez Caravage lui-même, ou chez ses plus proches disciples, que le Lorrain semble avoir puisé cette faculté de donner aux êtres et aux choses les plus humbles une dimension spirituelle, et, inversement, de trouver dans la réalité la plus prosaïque les motifs d'un art profondément religieux. Les deux aspects – luminisme et poétique caravagesqu […]

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La Rixe des musiciens, G. de La Tour Saint Sébastien soigné par sainte Irène, G. de La Tour Le Tricheur à l'as de carreau, G. de La Tour

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