Poète français, issu d'une famille de vieille noblesse normande. Pauvre et malade, ombrageux, instable et exalté, Brébeuf est doué d'une sensibilité inquiète, et porté à la mélancolie. Longtemps, en dépit du succès obtenu par la libre traduction qu'il donne de La Pharsale de Lucain (1653), ses ambitions et ses espérances restent déçues, quand enfin il trouve un protecteur en Fouquet ; mais il n'a plus que trois ans à vivre : sa mort suivra de quelques jours la chute du surintendant. Très tôt, on ne retient de son œuvre que cette Pharsale dont Boileau condamnera sévèrement l'emphase, la boursouflure et la grandiloquence : emporté par son goût du sublime (Corneille, qu'il connaît bien et qu'il admire, lui enviera certains vers), l'auteur renchérit sur son modèle et, par la pensée comme par l'expression, se montre, comme on l'a dit, Lucano Lucanior, plus Lucain que Lucain même. Pourtant, à côté de ce poème, il laisse une production d'une diversité surprenante : poésie mondaine qui allie la fantaisie la plus charmante et la raillerie la plus ingénieuse (La Gageure, ou Cent Cinquante Épigrammes et Madrigaux contre des femmes fardées) à une préciosi […]
