Né à Aillevillers, en Haute-Saône, Georges Balandier a vécu sa prime jeunesse dans cette région où l'insoumission et les combats de la Résistance le ramèneront, lorsque ses études à l'École pratique des hautes études et à la Sorbonne seront interrompues par la tourmente, après la licence et le diplôme de l'Institut d'ethnologie (1942). À la Libération, il travaille un moment au musée de l'Homme, dans le département de Michel Leiris, et part pour l'Afrique en 1946. Ses premiers terrains sont le Sénégal et la Mauritanie, puis il séjourne en Guinée, où il dirige le centre local de l'Institut français d'Afrique noire, et à Brazzaville, où il fonde la section de sociologie de l'Institut d'études centrafricaines. Cette Afrique de l'équateur est au cœur de ses thèses pour le doctorat ès lettres (1954), qui lui apportent, avec la consécration universitaire, la sympathie des nouvelles générations africaines et européennes : Sociologie actuelle de l'Afrique noire (1955) et Sociologie des Brazzavilles noires (1955). La publication de ces travaux est bientôt suivie par celle d'Afrique ambiguë (1957), ouvrage qui, écrit dans une langue précise et chaleureuse, prése […]
