Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

STEINER GEORGE (1929- )

Page précédente Page suivante

3.  Le langage

Si Steiner est philosophe, c'est par amour du langage — un amour dont témoigne Après Babel, qui n'est pas seulement une défense et illustration de la traduction, inter- et intralinguale, ni une remarquable synthèse des conceptions philosophiques et linguistiques contemporaines, mais aussi une réflexion personnelle sur la situation du plurilingue. Et c'est cette préoccupation pour le langage qui lui permet de jeter un pont entre ces deux univers philosophiques que tout sépare : la philosophie analytique anglo-saxonne, et les diverses théories « continentales ».

De ce côté-ci de la Manche, on trouvera chez Steiner un intérêt philosophique pour la poésie — si l'on s'intéresse au langage, c'est pour mieux comprendre son incarnation la plus haute, le poème — par quoi il reconnaît sa dette à l'égard de Heidegger. Il lui a d'ailleurs consacré, chose difficile à réussir, un ouvrage d'introduction (Heidegger, 1976). Et il aime à citer la plus célèbre des maximes du maître, « l'homme se comporte comme s'il était le maître du langage, alors que c'est celui-ci qui le régente ». Ainsi, l'importance accordée au silence comme mode de communication (Langage et silence, 1967, est le titre de son premier recueil d'essais), l'insistance sur le langage intérieur — qui n'est pas langage privé — et surtout la conception « transcendantale » de l'acte poétique et l'admiration pour Hölderlin sont chez lui autant de traces de l'influence heideggérienne. 

De l'autre côté de la Manche se pose la question du sens du sens (The Meaning of Meaning est le titre d'un ouvrage célèbre d'Ogden et Richards, qui date de 1923). De cette question logiciste, qui est au centre de ce que les Anglo-Saxons appellent theory of meaning (et qui pour eux est une branche essentielle de la philosophie), on passe toutefois assez vite à une quête herméneutique du sens du texte. Cela conduit Steiner à une théorie de la difficulté fondée sur une distinction entre quatre types de difficultés textuelles. La difficu […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« STEINER GEORGE (1929- ) » est également traité dans :

LITTÉRATURE - La littérature comparée

Écrit par :  Pierre BRUNEL

Dans le chapitre "Un foisonnement critique"  : …  comme Le Roman de la conscience malheureuse (1982) de Philippe Chardin ouvrent la voie.* C'est à George Steiner qu'il appartenait de définir mieux que quiconque la littérature comparée comme modalité de la critique quand il inaugura en 1995 à Oxford une chaire dont il est le premier titulaire et dont le prestige rejaillit sur la… Lire la suite

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média