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STEINER GEORGE (1929- )

« Les choses s'effritent, le centre ne tient plus. » Ce vers de Yeats résume le danger contre lequel l'œuvre de George Steiner est un combat permanent, et la place et la tâche qu'il s'assigne : inlassablement reconstruire ce centre détruit, retisser les fils que la modernité s'attache à défaire. En un sens, le centre a définitivement disparu : c'est cette Europe centrale que les grandes catastrophes du siècle se sont acharnées à démembrer.

« Juif d'Europe centrale » : c'est ainsi que Steiner se qualifie ; il est le survivant, mais aussi l'héritier de ce monde en cendres, dont il est difficile de surestimer l'importance pour notre culture — les trois noms que George Steiner aime à citer suffisent : Marx, Freud et Einstein. Mais Steiner n'est pas désespéré, ni même pessimiste. Car en un autre sens le centre, quoique menacé, tient toujours, et vaut la peine qu'on lutte pour sa sauvegarde. Chantre de la grande tradition de la littérature et de la pensée européennes, George Steiner défend la conception anglo-saxonne de la « tradition », c'est-à-dire d'un canon de la littérature, qui dans notre culture postmoderne apparaît  […]

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Autres références

« STEINER GEORGE (1929- ) » est également traité dans :

LITTÉRATURE - La littérature comparée

Auteur :  Pierre BRUNEL

Dans le chapitre "Un foisonnement critique" : …  comme Le Roman de la conscience malheureuse (1982) de Philippe Chardin ouvrent la voie.* C'est à George Steiner qu'il appartenait de définir mieux que quiconque la littérature comparée comme modalité de la critique quand il inaugura en 1995 à Oxford une chaire dont il est le premier titulaire et dont le prestige rejaillit sur la… Lire la suite

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Bibliographie

Œuvres romanesques Anno Domini, trad. L. Lanoix, Seuil, Paris, 1966

Le Transport de A.H., trad. C. de Montmauzon, Julliard, Paris, 1981

Comment taire ?, trad. E. Ender et B. Schulrick, Cavalier seul, Genève, 1987.

Essais

Tolstoï ou Dostoïevski, trad. R. Celli, Seuil, Paris, 1963

La Mort de la tragédie, trad. R. Celli, ibid., 1965

Langage et silence, trad. L. Lotringer, ibid., 1969

Après Babel, trad. L. Lotringer, Albin Michel, Paris, 1978

Dans le château de Barbe-Bleue, trad. L. Lotringer, Gallimard, Paris, 1986

Heidegger, trad. D. de Caprona, Albin Michel, 1981 (Flammarion, Paris, 1987)

Les Antigones, trad. P. Blanchard, Gallimard, 1987

« La Longue Vie de la métaphore, une approche de la Shoah », trad. M. Moscovici, in L'Écrit du temps, 14

15, éd. de Minuit, Paris, 1987

Le Sens du sens, trad. M. Philonenko et H. Wismann, Vrin, Paris, 1988

Réelles Présences, trad. M.R. de Pauw, Gallimard, Paris, 1994

Passions impunies, trad. P.E. Dauzat et L. Évrard, ibid., 1997

Errata. Récits d’une pensée, trad. P. E. Dauzat, ibid., 1998

Langage et silence, trad. L. Lotringer et al., 10/18, Paris, 1999

Grammaire de la création, trad. P. E. Dauzat, Gallimard, Paris, 2001

De la Bible à Kafka, trad. P. E. Dauzat, Bayard, Paris, 2002

Les Livres que je n’ai pas écrits, trad. M. Groulez, Gallimard, Paris, 2008.

Études

P. E. Dauzat dir., George Steiner, Cahiers de L’Herne, Paris, 2003

G. Steiner, Éloge de la transmission. Le maître et l’élève, entretiens avec C. Ladjali, Albin Michel, Paris, 2003.

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