2. Naissance de George Sand
Premier roman en collaboration avec son amant Jules Sandeau : Rose et Blanche, maladroit mais intéressant début. Les suivants, elle les signera seule, du pseudonyme George Sand : c'est Indiana (1832), qu'une rumeur admirative accueille, Valentine (1832), dont les descriptions enchantent Chateaubriand. George Sand fait bien froncer quelques sourcils, car elle se pose en défenseur de la femme, plaide pour le droit à la passion, attaque le mariage et la société opprimante. Mais, dans l'ensemble, la critique est très favorable, vantant le style, le don d'observation, l'analyse psychologique. Sainte-Beuve remarque le premier un souci de réalisme qui place les personnages dans « un monde vrai, vivant, nôtre ». Ainsi commence une carrière féconde de romancière.
Dans le cadre beaucoup trop restreint qui nous est imposé, il n'est possible, ni de donner un résumé autre que squelettique d'une vie très remplie, ni de faire le tour d'une production gigantesque (soixante-dix romans, cinquante volumes d'œuvres diverses). Nous devons nous contenter de pointer quelques sommets de la biographie et de l'œuvre. L'année 1833 marque à la fois l'apparition de Lélia, qui s'attache pour toujours au nom de l'auteur, œuvre étrange, lyrique à la fois et philosophique, roman-poème, « la pensée du siècle sur lui-même, la plainte d'une société à l'agonie » (G. Planche), qui déchaîne l'admiration des uns, l'invective des autres ; l'entrée de Sand à la Revue des Deux Mondes, à laquelle elle va collaborer assidûment ; la liaison mouvementée avec Musset, leur départ pour le très fameux voyage de Venise, tant de fois romancé, raconté, commenté, qui fera date dans l'histoire du romantisme, et d'où Sand ramène trois romans et les plus belles Lettres d'un voyageur, et Musset un cœur en écharpe.
L'heureux rival du poète, Pagello, n'a été qu'un intermède. Son successeur, le fougueux avocat républicain Michel de Bourges, voit déjà son règne s'achever lorsque paraît en 1837, année féconde, Maupat, roman d'amour, d'action et d'atm […]
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