Romancier anglais, que la critique américaine et française surtout est en train de tirer du demi-oubli où s'enlisait une œuvre peu attrayante au premier regard, mais très importante comme document humain et social et digne d'une étude attentive par la sincérité et l'acuité des analyses psychologiques. Le réalisme qui constitue la trame des intrigues nous apparaît d'autant plus authentique que Gissing ne l'exploite pas à la manière de Zola, à des fins de propagande ou de thèse sociale, mais nous le livre comme le produit d'une expérience vécue, ce que l'on soupçonnait et ce dont nous avons la preuve depuis la publication de ses Lettres (Letters of G. Gissing to Members of His Family, 1927) et de ses Carnets (G. Gissing Common Place Book, 1962). Vivant constamment en porte à faux, passionné d'érudition classique, esprit distingué aux goûts raffinés, Gissing s'est complu par perversion dans des situations qui, en négation de certaines de ses aspirations profondes, résultaient de l'application acharnée d'un faux idéalisme. Son étude si pénétrante sur Dickens (Charles Dickens, a Critical Study, 1898) souligne, pour qui sait lire e […]
