3. L'exil
En 1931, sa réputation vaut à George Grosz d'être invité par l'Art Students League, l'Association des étudiants de beaux-arts, à enseigner à New York durant le semestre d'été de 1932. Expérience qu'il trouve si satisfaisante qu'en janvier 1933, quinze jours avant que Hitler ne soit appelé comme chancelier, il s'embarque avec sa famille pour s'installer aux États-Unis. En 1938, déchu de la nationalité allemande par les autorités nazies, il demande et obtient la nationalité américaine. Éloigné de la société sur laquelle il exerce son esprit caustique, il perd de sa vivacité d'intervention critique. Il essaye de placer ses dessins dans des magazines américains, mais avec peu de succès, de sorte que l'essentiel de ses moyens de subsistance lui est assuré par ses cours. Dépité, il finit par vouloir prouver qu'il reste un grand peintre, et non un caricaturiste. Il s'adonne aux tableaux de paysage, à la peinture de nus, et se lance dans des séries de toiles d'inspiration visionnaire ou apocalyptique.
Même si, dans cet exil, son pessimisme a empiré, débouchant sur un cynisme désespéré et le reniement de ses engagements des années 1920, son énergie créatrice n'est pas complètement étouffée. Il écrit et publie en anglais, en 1946, son autobiographie : A Little Yes and a Big No (Un petit oui et un grand non). Par ailleurs, une rétrospective lui est consacrée à New York en 1954, au Whitney Museum.
Après deux voyages en Allemagne, sans doute la nostalgie l'a-t-elle poussé, en 1959, à revenir définitivement à Berlin, dans la partie occidentale de la ville. Arrivé le 28 mai, il meurt accidentellement le 6 juillet.
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