5. Un chorégraphe pour danseuses
Balanchine, élevé dans la plus pure tradition classique russe héritée de Marius Petipa, est sans doute le plus américain des chorégraphes. Il a su adapter la danse classique aux corps et à l'esprit du Nouveau Monde, en s'autorisant toutes les audaces possibles, négligeant les limites d'un genre, sans jamais s'écarter de la rigueur du vocabulaire académique. Son calme dans le studio était légendaire tout comme sa « froideur » et son amour des femmes. Pour lui, la danse ne pouvait être, à l'image de Terpsichore (muse de la danse) que féminine. Il adorait le corps des femmes et épousait souvent les muses qu'il avait lui-même façonnées pour servir son art. Se comparant à un cuisinier ou à un ébéniste, deux hobbies qu'il pratiquait, il définissait son travail de chorégraphe comme celui d'un artisan qui se borne à soigneusement assembler différents éléments.
Il écrivit lui-même : « Nous devons réaliser que la danse est un art absolument indépendant et non l'accompagnement d'un autre. ... Un ballet peut contenir une histoire, mais le spectacle visuel en est l'élément essentiel. Le chorégraphe et le danseur doivent se souvenir qu'ils touchent le public à travers le regard. C'est l'illusion visuelle créée qui convainc le public plus encore que s'il s'agissait du travail d'un magicien. »
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