2. Espoir
Dix-sept ans se sont écoulés depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Allemands et Français, malgré la politique de rapprochement, se haïssent encore. Est-ce dans un autre homme qu'il faut chercher l'adversaire ? « Nous n'avons que deux ennemis, le grisou et la guerre », déclare Pabst dans La Tragédie de la mine.
Quatre de l'infanterie (Westfront 1918, 1930), violent pamphlet antimilitariste, décrit par tableaux successifs la confrontation de quatre fantassins allemands avec la tourmente. Chacun mène son expérience individuelle, mais, face à la réalité d'un cataclysme inhumain, trouve dans l'amitié une raison de croire en l'homme. La mort confère aux quatre jeunes gens un destin commun, alors qu'un des héros meurt en étreignant la main d'un ennemi agonisant.
Pabst veut édifier : « Mon rôle est de lutter à l'intérieur des pays capitalistes en réalisant des films susceptibles d'éclairer les masses de ces pays » (cité par L. Moussinac, 1933). La Tragédie de la mine (Kameradschaft, 1931), au travers du récit symbolique d'un accident minier à la frontière franco-allemande, exalte la solidarité ouvrière et humaine par-dessus les frontières et les anciens antagonismes.
Ces deux œuvres à thèse, Pabst les conduit dans un style esthétisant. Fidèle aux éclairages expressionnistes et à leurs clairs-obscurs, il se sert par contre du son et du décor en glissant vers un certain réalisme. Il abuse du dialogue et ne dirige pas tous les acteurs avec le même bonheur, mais il se reprend dans les scènes d'ensemble, champ de bataille ou carreau de mine, qu'il traite avec rigueur.
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