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SOLTI GEORG (1912-1997)

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2.  Respect et perfection

Abolissant toute notion d'école, Georg Solti n'avait qu'un seul souci, la perfection, qui l'a conduit à de profonds bouleversements dans les pupitres d'instruments à vent de l'Orchestre de Paris. Cette mutation fut ressentie à l'époque comme une blessure par des instrumentistes attachés à leur tradition nationale et, malgré des résultats superbes, le courant ne passa jamais vraiment entre Solti et les musiciens français, qui comprenaient mal son autorité parfois cassante. À l'inverse, c'est une véritable idylle qu'il entretint avec les musiciens de Chicago. Vers la fin de sa vie, ses apparitions à l'opéra se raréfièrent car les conceptions de certains metteurs en scène et l'absentéisme des chanteurs aux répétitions étaient pour lui autant d'obstacles à de bonnes productions. On l'a vu néanmoins descendre dans la fosse à Covent Garden pour La Traviata de Verdi en 1994, révélant au public international la soprano Angela Gheorghiu, et pour Simon Boccanegra de Verdi en 1997.

Cette grande rigueur a trouvé son plein épanouissement au disque : pendant un demi-siècle, Solti a enregistré en exclusivité chez Decca, un exemple de fidélité sans pareil. Il a joué un rôle décisif dans l'évolution de cette compagnie, poussant les ingénieurs du son – et le producteur visionnaire John Culshaw – à d'incessants progrès pour mieux restituer cette quête de la perfection. À la fin de sa carrière, il acceptait volontiers l'enregistrement sur le vif de certains concerts, avec quelques orchestres privilégiés en qui il avait totalement confiance (Vienne, Berlin, Chicago). Sa direction, implacable sur le plan rythmique, savait mettre en valeur les couleurs les plus brillantes. Il révéla un Wagner dépoussiéré, mais spectaculaire ; il fut un des grands interprètes de Mahler et il conserva toujours une affection particulière pour la musique de Bartók et de Kodály, dont il savait, mieux que quiconque, restituer la spontanéité.

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