2. Le souci des masses
Les deux textes en prose de Büchner aident à déterminer les deux pôles entre lesquels oscillent sa pensée et sa production, l'une et l'autre nerveuses, et même convulsives.
Le Messager de Hesse, daté de Darmstadt, juillet 1834, n'est rien d'autre qu'une feuille volante destinée à soulever les populations rurales contre leurs exploiteurs, les chaumières contre les palais. Ce farouche brûlot, rédigé avec le pasteur Weidig, et dont le style tumultueux, mi-politique, mi-prophétique, n'est pas sans rappeler l'atmosphère des luttes paysannes au déclin du Moyen Âge, suffirait à assurer à Georg Büchner une place originale au sein de sa génération. Il n'agite pas le drapeau des libertés constitutionnelles dans l'enceinte des salles de rédaction, il appelle les masses à entrer par la violence dans l'histoire, au nom de leurs intérêts matériels. En 1835 encore, il écrit à Gutzkow : « Le conflit entre riches et pauvres est le seul conflit révolutionnaire au monde. »
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