2. La géopolitique au temps de la mondialisation
La mondialisation ou la globalisation apparaît comme le trait dominant du monde de l'après-guerre froide. La terre n'étant plus partagée entre blocs antagonistes, les hommes ou, au moins, la majorité d'entre eux se ralliant à l'économie de marché et à la démocratie pluraliste, la priorité serait désormais, pour les États, de s'adapter à la compétition économique ; celle-ci paraît d'autant plus féroce qu'une nouvelle ère industrielle (suscitée par l'électronique, l'informatique et la révolution des télécommunications) s'épanouit et que de nouveaux protagonistes – et rivaux – (dragons ou tigres asiatiques, anciens États communistes...) entrent dans le jeu.
• Fin, retour ou tout simplement permanence de la géographie ?
Ce serait la fin de la géographie. La rapidité croissante des communications et des transports, l'effondrement de leurs coûts aboliraient l'espace et le temps. Aujourd'hui, nombre de produits sont fabriqués, assemblés et enfin consommés en plusieurs points de la planète fort éloignés. Combien de multinationales sont des entreprises-réseaux, faisant appel à des milliers de sous-traitants éparpillés à travers le monde, avec lesquels elles nouent des liens contractuels précaires afin de les maintenir dans une fiévreuse concurrence ! De même, la vitesse à laquelle se déplacent des masses de capitaux de plus en plus grandes crée un espace financier mondial, où les États ne contrôlent plus le jeu monétaire mondial et sont des emprunteurs parmi d'autres, qui doivent à chaque instant prouver aux opérateurs leur sérieux.
Pourtant la mondialisation n'abolit pas la géographie. Tout acteur – individu, entreprise, État – demeure inscrit dans l'espace et dans le temps. L'une des illustrations de la permanence de la contrainte géographique est fournie par l'inégalité des taux de croissance. Ainsi, pour Jeffrey Sachs, professeur à Harvard, entre 1965 et 1990, « les pays enclavés ont eu une croissance économique plus faible que les pays côtiers [...]. Et les pays tropicaux ont eu une croissance annuelle inférieure de 1 […]
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