2. Variation séculaire du champ moyen
• D'après les observations directes
Dans tout observatoire, on assiste à une dérive lente des éléments du champ moyen d'année en année, se poursuivant au long des siècles, et cette »variation séculaire » est suivie en beaucoup d'autres lieux, par répétition de mesures. On connaît donc, malheureusement situés presque exclusivement sur les continents, les taux annuels de variation des éléments ; par exemple, en France, pour D, ce taux est de 6′ par an, mais il varie assez fortement à l'échelle des décennies. Pour une époque donnée et pour un élément magnétique donné, on peut reporter sur une carte mondiale les valeurs du taux annuel de variation. Les courbes d'égale valeur, qu'on appelle des « isopores », formant de grandes régions organisées, à taux positif ou négatif, dessinent des cartes, pour chaque élément et pour différentes époques à partir de 1900 environ. Nous ne retiendrons que les ordres de grandeur des taux maximaux observés : pour D on peut atteindre 15′ par an dans un sens ou dans l'autre et, pour F, 150 γ.
Échappant aux détails que donnent les cartes d'isopores, on a une vue plus large de la variation séculaire en scindant le champ mondial en ses parties dipôle et non dipôle. Le dipôle, déterminé par Gauss pour l'époque 1835, a été ensuite maintes fois calculé. La conclusion générale est que la direction du dipôle de Gauss varie très peu, ce qui n'implique nullement sa fixité ; au contraire, la valeur du moment M du dipôle a décru continuellement avec un taux relatif important, de l'ordre de 1/2 500 par an.
La connaissance de l'évolution de l'ensemble du champ terrestre est très vite bornée vers le passé ; on peut seulement espérer obtenir une idée de l'ampleur possible de la variation d'après des séries d'observations assez étendues qui ont été faites en quelques lieux. Les séries de Paris et de Londres sont les plus longues en ce qui concerne la direction du champ ; mais leurs données sur l'évolution de D et I, très bonn […]
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