Rassemblant des nouvelles parues dans les années 1930, Gens de Pékin est tout à fait représentatif de l'art et de la vision de Shu Quingchun, dit Lao She, né à Pékin en 1899 et mort en 1966, lors de la révolution culturelle. Mêlant lyrisme et réalisme, humour et cruauté, le recueil révèle l'étendue du talent de celui qui fut un des plus grands écrivains chinois du xxe siècle.
La galerie des personnages choisis est représentative de la société de Pékin au moment ou celle-ci bascule de l'Empire dans la République. Pour les habitants mandchous de la vieille capitale, le changement est considérable et particulièrement difficile à accepter. Privés de leur solde et de leur allocation en grains, la plupart sont obligés de vendre leurs maisons ou leurs biens pour pouvoir vivre. Les deux premiers textes de l'ensemble sont ainsi marqués par un profond pessimisme. Pour le maître d'arts martiaux de « La Lance de mort » comme pour l'honnête commerçant d'« Une vieille maison », jamais plus les choses ne seront comme avant. Les vieux principes qui fondaient l'existence humaine sont désormais bafoués, et […]
