Né à Byzance en 1405, Georges Kourtésès dit Scholarios reçoit sa première formation générale du futur métropolite d'Éphèse, Marc, mais il sera surtout un extraordinaire autodidacte. Il assume d'abord un enseignement privé de grammaire et de philosophie. Vers la trentaine, il exerce déjà d'importantes fonctions dans l'État : membre du Collège suprême des quatre juges généraux des Romains, chef de la chancellerie privée de Jean VIII, Gennadios est en outre le prédicateur attitré du Palais.
Deux événements majeurs viennent infléchir le cours de sa carrière : le rapprochement avec Rome et la prise de Constantinople par les Turcs. Scholarios a été associé dès le début aux négociations préconciliaires, à Byzance ; il intervient ensuite dans les délibérations du concile de Ferrare-Florence (1438-1439) en qualité de conseiller et porte-parole du parti grec. Il affiche, en la circonstance, un remarquable esprit d'ouverture. À partir de 1443, sous l'influence notamment de Marc d'Éphèse, il revient à l'intransigeance traditionnelle de son Église et répand de nombreux opuscules anti-unionistes. Il encourt la disgrâce impériale ; c'est alors qu'il se fait moine sous le nom de Gennadios. Rentré en faveur, il ne sacrifie rien des positions auxquelles il s'est rangé et il réprouvera tout net le renouvellement de l'Union en 1452 sous Constantin XI.
Un an plus tard, le 29 mai 1453, Constantinople est enlevée par Mehmet II. Gennadios est acheté comme esclave par un riche Turc d'Andrinople, qui, séduit par les qualités de l'homme, l'affranchit, l'entoure d'égards et publie ses mérites. Le sultan, informé, le mande à Constantinople et le porte sur le trône patriarcal, vacant depuis trois ans. Il l'investit lui-même le 6 janvier 1454. Sous la contrainte des circonstances et pour éviter la prolifération des apostasies, le nouveau patriarche pratique des dérogations au droit matrimonial, qui lui suscitent des inimitiés dans son entourage. Il démissionne deux ans jour pour jour après son intronisation et se retire à l'At […]
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