2. La ville contemporaine
Ce que fut la Rome calviniste semble illustrer les réflexions de Max Weber sur les liens, partiels, entre l'éthique protestante et l'esprit du capitalisme. La discrétion morphologique et démographique de Genève est en décalage flagrant avec sa capacité, sans cesse renouvelée, à exploiter toutes les formes d'échanges internationaux. C'est ce que traduit et révèle la géographie de Genève. Parmi les symboles forts figure le Laboratoire européen pour la physique des particules (C.E.R.N. ou Cern) à la frontière franco-suisse, où fut conçu en 1990 le World Wide Web, élargissant l'utilisation d'Internet à un large public. Les infrastructures en demeurent faiblement visibles, mais elles contribuent à l'attractivité internationale de la ville mondiale.
D'abord, donc, la discrétion. Genève se niche dans un petit territoire prolongeant l'avant-pays molassique, entre le Jura et les Alpes. La ville a été fondée à proximité de la confluence entre le Rhône, sortant épuré du lac Léman, et l'Arve qui descend, turbide, du massif du Mont-Blanc. Depuis le Salève, on a presque du mal à distinguer le centre historique de Genève. La cathédrale Saint-Pierre domine sans mal les immeubles de bureaux sur les quais du Rhône, malgré les enseignes des multinationales. On chercherait en vain un centre des affaires marqué par des immeubles de très grande hauteur. Il en va de même pour les logements. Bien qu'il existe des quartiers de grands ensembles d'habitat collectif, comme à La Praille, il faut être attentif pour les voir, tant en avion que depuis le sommet du Salève. Ce qui ressort, ce sont les terrains agricoles et l'abondance de la végétation. À moins de deux kilomètres à vol d'oiseau du centre historique, on trouve une ferme au milieu de champs exploités, immédiatement au sud du centre sportif de Champel.
Pourtant, les fonctions internationales dominent. L'aéroport de Cointrin jouxte deux immeubles bas, nommés World Trade Center. Ils abritent les filiales de multinationales imp […]
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