5. De la Révolution à l'Unité italienne
Dès 1792, Gênes proclame sa neutralité. Mais, agitée par les idées révolutionnaires et pressée par les armées de Bonaparte, elle doit accepter en juin 1797 un gouvernement démocratique qui fait adopter une constitution calquée sur le modèle français (République ligurienne). Lors de la deuxième coalition, Autrichiens et Anglais assiègent la ville que Masséna défend avec énergie (juin 1800). Après Marengo, sous les apparences d'un gouvernement bourgeois autonome, les envoyés de Bonaparte, Jean Dejean et Antoine Saliceti, détiennent le pouvoir et préparent l'annexion à la France, approuvée par un plébiscite (1805).
La domination napoléonienne apporte à Gênes d'incontestables bienfaits : construction de routes, agrandissement du port, système métrique, état civil, progrès de l'instruction. La ville espérait surtout un nouvel essor du commerce ; le blocus continental ruine cet espoir. Aussi, irrités par la conscription et la lourdeur des taxes, les Génois, en avril 1814, accueillent en libérateur l'amiral anglais Bentinck qui leur laisse espérer la restauration de la vieille République. Telle n'était pas l'intention des puissances alliées réunies au congrès de Vienne ; en novembre 1814, l'annexion de Gênes au royaume de Piémont-Sardaigne est décidée, contre le gré des Génois.
Les premiers temps de l'union sont malheureux ; déçus par la politique protectionniste du Piémont et par la lourdeur de son administration, les Génois se soulèvent à plusieurs reprises, surtout après l'échec des tentatives révolutionnaires de 1831 et 1849. La ville participe activement au mouvement unitaire. Iacopo Ruffini et surtout Giuseppe Mazzini y répandent les idées nouvelles. Le duc Carlo Pisacane puis Giuseppe Garibaldi, avec ses mille volontaires (1860), partent de Gênes pour porter la révolution dans le royaume des Deux-Siciles. Après 1860, l'histoire de Gênes se confond avec celle de l'Italie.
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