La généralisation de l'instruction, en France comme ailleurs, a été promue pour des raisons différentes, voire concurrentes, à partir du xviiie siècle. Et la nature de cette instruction à généraliser est l'objet d'un débat récurrent.
S'agit-il avant tout de la participation au développement technico-économique telle que l'envisage la théorie néo-classique dite du « capital humain », apparue dans les années 1950 dans le monde des économistes anglo-saxons ? L'argument est déjà présent un siècle plus tôt dans les préoccupations de Victor Duruy, ministre de l'Instruction publique à la fin du second Empire : « Par le développement de l'enseignement, nous répondrons à une nécessité impérieuse de la nouvelle organisation du travail ; nous irons à tous les degrés de l'échelle sociale pour mettre l'homme en valeur : c'est un capital, et le plus précieux de tous » (1866).
S'agit-il de prendre acte de l'instauration du suffrage universel ? Les attendus du projet de loi d'Hyppolite Carnot, ministre de l'Instruction sous la IIe République, de février à juillet 1848, sont on ne peut plus clairs : l'enseignement primaire est rendu obligatoire pour tou […]
