Successivement moine de Saint-Médard de Soissons, prieur à Vic-sur-Aisne, enfin grand prieur à l'église Saint-Médard, Gautier vit sous la protection de la haute noblesse, notamment des comtesses Ade de Soissons, et Marguerite de Blois. L'essentiel de son œuvre est rassemblé dans les deux parties d'un recueil comportant cinquante-huit Miracles de Notre-Dame, des chansons pieuses (il en dédie vingt-deux à la Vierge) et des sermons en vers. Les Miracles dérivent d'exempla latins et de légendes concernant les saints (comme saint Basile). Le schéma narratif de ces poèmes est presque toujours le même : un personnage (clerc, religieuse, chevalier, bourgeois ou même vilain) se distingue par sa vénération pour Marie ; arrivent la tentation et la vie dans le péché ; le repentir et la dévotion lui assureront le salut. À travers ces textes édifiants transparaissent parfois un souci de propagande locale (Les Miracles de Nostre-Dame de Soissons, d'après Hugues Faidit), mais surtout le pessimisme du moraliste qui critique sévèrement l'indifférence de ses contemporains en matière de religion. Ces idées sont développées avec élégance et pathétique dans la […]
