Terre déserte, inculte, « gâtée ». Ce terme de gâtine impliquait d'abord la dévastation, puis le résultat de cette dévastation : la terre en friche.
Par extension, il s'applique à des régions pauvres à sols peu fertiles, imperméables, acides, établis sur des schistes ou des granites. Les champs irréguliers, les taillis, les landes à bruyères et ajoncs en font un paysage verdoyant, mais sans le réseau serré de haies du bocage : ce sont les gâtines vendéennes et poitevines. En Touraine, gâts, dégâts, gâtines s'appliquent aux landes intercalées entre champs cultivés et lambeaux de forêts, obtenues autrefois par incendie de celles-ci. La Provence a ses terres gastes, la Flandre ses wastines. Dans les gâtines, pays pauvres, la jachère régnait un an sur deux ; seuls venaient bien le seigle ou les choux. Le remède était dans les amendements calcaires ; il exigeait une dépense de travail considérable peu compatible avec un exode rural intense. La modernisation s'est faite par orientation vers l'élevage, qui assure de nos jours le plus clair des ressources.
Roger BÉTEILLE
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