Initiateur du romantisme au Portugal et en même temps l'un de ses représentants majeurs, Garrett fut un poète engagé. Sa vie durant, il défendit les idées libérales qui lui valurent l'exil, la prison, la disgrâce. Ce qui ne l'empêcha pas de devenir le « maître à vivre » d'une partie de la société portugaise de son temps.
1. De la poésie à la politique
Second des enfants d'António Bernardo da Silva et d'Ana Augusta de Almeida Leitão, João est né à Porto. Sa famille, d'une aisance modeste, quitte le Portugal devant la menace de l'invasion française et s'installe aux Açores en 1808. Là, João fait ses humanités. La famille, qui comptait un évêque parmi ses membres, envisage pour lui une carrière ecclésiastique, mais il semble qu'une passion de jeunesse l'ait détourné des ordres. Il réussit à fléchir ses parents et rentre au Portugal pour s'inscrire à l'université de Coïmbre en 1816 sous le nom de João Baptista da Silva Leitão. Vers sa vingtième année, il adopte le nom qu'il rendra célèbre, João Baptista da Silva Leitão de Almeida Garrett. Il ne tarde pas à embrasser la cause libérale et ses dons de poète et d'orateur lui valent le surnom de o Divino, le Divin. La révolution de 1820, qui vise à instaurer une monarchie constitutionnelle au Portugal, trouve en lui non seulement un admirateur enthousiaste mais un agent. D'abord porte-parole de ses condisciples, il se voit bientôt chargé d'une mission aux Açores. Désormais Garrett sera toujours fidèle à la cause libérale.
2. Vicissitudes d'un poète engagé
Ses études terminées en 1821, Garrett s'établit à Lisbonne, passe brillamment le concours du ministère de l'Intérieur et se voit promu peu après à la direction du Service de l'instruction publique, qu'il essaie de réorganiser. Un Caton, pièce de facture classique, remporte un vif succès en 1821, et un poème, O Retrato de Venus (Portrait de Vénus), donne lieu à un procès qui couronne sa célébrité. Il épouse Luísa Midosi, sœur d'un ami. Tout lui sourit quand la contre-révolution de 182 […]
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