2. Gareth Edwards et les « princes de Galles »
Le rugby gallois connaît son âge d'or. Précurseurs, les Gallois ont nommé en 1967 un « directeur technique national » rémunéré, Ray Williams – une première mondiale. Malgré les sacro-saintes règles de l'amateurisme de l'époque, l'entraîneur, Clive Rowlands, réunit tous les dimanches les joueurs pour un rassemblement collectif, souvent sur la plage d'Aberaeron : le squad system est né. Alors que Français, Anglais, Irlandais et Écossais se contentent toujours d'un ou deux jours d'entraînement avant chacun de leurs quatre matchs du Tournoi, ce rendez-vous hebdomadaire va permettre aux Gallois de gagner en cohésion, de travailler leur technique collective et d'élaborer des tactiques qui seront mises en œuvre lors des rencontres. Grâce à cet indéniable avantage, le XV de Galles va régner sur l'Europe durant dix ans : de 1969 à 1979, le pays de Galles remporte huit fois le Tournoi des cinq nations, réalisant au passage trois fois le Grand Chelem.
L'équipe s'appuie sur un pack puissant et mobile (Mervyn Davies, John Taylor, Brian Price, Derek Quinnell, David Lloyd, Barry Llewelyn, Dai Morris...). Mais ce sont ses lignes arrière qui vont émerveiller le monde. L'arrière, J. P. R. Williams, est capable de toutes les audaces. Aux ailes, les rapides Gerald Davies, John Bevan, puis J. J. Williams concluent par de nombreux essais les multiples offensives galloises. Au centre, le capitaine, John Dawes, donne la mesure. Mais le joyau de l'équipe est sa charnière. À l'ouverture, le talentueux Barry John puis l'efficace Phil Bennett vont bénéficier de l'inventivité de leur demi de mêlée, Gareth Edwards.
Gareth Edwards, maître du jeu, multiplie les prouesses. Le 27 mars 1971, un essai face à la France à Colombes offre au pays de Galles la victoire (9-5) et un Grand Chelem attendu depuis 1952. Toujours en 1971, les Lions britanniques, dont les joueurs gallois forment l'ossature, remportent pour la première fois une série de tests en Nouvelle-Zélande, f […]
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