Comme les chemins de fer, les gares sont un des exemples de l'industrialisation et un des éléments de l'urbanisation du xixe siècle. Elles apparaissent d'abord en Angleterre vers 1820 puis en France et enfin dans tous les autres pays gagnés par le développement industriel, y compris les colonies. Les gares expriment bien les divers types d'organisation ou d'administration qui ont présidé à la création et au développement des chemins de fer dans le monde. Après une période de perte d'identité au milieu du xxe siècle, l'architecture des gares connaît un renouveau grâce à l'apparition des trains à grande vitesse au début des années 1980.
Ces édifices permettent une approche particulièrement riche de l'histoire de l'architecture moderne, depuis le xixe siècle. Histoire qui retrace l'évolution de la pensée architecturale affrontée à un même problème, depuis l'apparition du phénomène ferroviaire jusqu'à nos jours. Mais l'histoire des gares présente à l'historien des difficultés spécifiques. Les gares forment, en effet, des ensembles en évolution constante, qui doivent s'adapter aux transformations de la technologie et du service ferroviaire (électrification, essor du trafic en banlieue, liaisons internationales...). Il arrive que plusieurs gares se succèdent sur un même site (Grand Central I et II à New York, gares du Nord I et II à Paris...), ou qu'une même gare subisse des transformations radicales (Union Station, Washington, D.C.). Identifier un seul architecte ou déterminer une seule date de réalisation est donc souvent impossible.
Depuis les années 1970, les ouvrages consacrés aux gares tendent à se multiplier, mais leurs différences d'approche (technique, sociologique, esthétique) témoignent bien de la complexité du sujet.
Conçues à la fois par des architectes et par des ingénieurs, dont les responsabilités respectives différaient selon les régions et les périodes, les gares offrent un cas d'étude exemplaire quant à l'évolution de ces deux professions et de leur champ d'activ […]
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