3. Traitement et pronostic
Le traitement chirurgical (débridement, mise à plat, drainage, etc.) dépend du siège et de l'état des lésions, et revêt un caractère d'urgence, car il vise à l'exérèse massive de la région traumatisée, des tissus dévitalisés, des hématomes, des corps étrangers..., aussitôt que possible après le traumatisme, et avant le stade de pullulation explosive des anaérobies. L'expérience des guerres a montré que le pronostic dépend de la célérité de l'évacuation du blessé vers un centre chirurgical et de la précocité des soins. En effet, ces conditions ayant été réalisées durant la Seconde Guerre mondiale, la gangrène gazeuse fut beaucoup moins fréquente qu'au cours de la Première. Un exemple marquant est celui de la guerre de Corée (1950-1953) : les délais d'évacuation des blessés américains étant d'une demi-heure à trois heures, on enregistra quatre cas seulement de gangrène gazeuse (dont aucun mortel) sur 4 900 blessés.
À l'intervention chirurgicale visant à prévenir l'éclosion de la gangrène seront associés un traitement anti-infectieux (antibiotiques, sérums antigangreneux polyvalents de l'Institut Pasteur) et un traitement général de réanimation (transfusion, rééquilibration hydro-électrolytique, épuration extra-rénale).
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



