Dans l'Inde ancienne, « Gandhāra » désignait une région située à la frontière de l'Afghanistan et du Pakistan actuels. Elle comprenait essentiellement, de part et d'autre de l'Indus, les territoires correspondant aujourd'hui aux districts de Peshāwar et de Rawalpindi, dont les centres étaient respectivement Puṣkālavatī (Chārsadda) et Takṣaśila (Taxila) ; elle devait en outre s'étendre à l'ouest jusqu'à la Kunar et englober au nord la vallée du Swāt, deux affluents du Kābul qui, à son tour, s'unit à l'Indus. De la préhistoire aux temps modernes, les pas des envahisseurs attirés par la riche plaine indo-gangétique ont sans répit résonné sur le sol du Gandhāra. Vers ~ 518, il fut annexé à l'empire achéménide. Deux siècles plus tard, les troupes d'Alexandre de Macédoine le sillonnèrent et, à la suite de l'échec de Séleucus Ier face à Candragupta Maurya, il constitua, avec des provinces voisines, la « région du Nord » du premier empire indien unifié. Quand ce dernier s'effondra, des Gréco-Bactriens, puis des Śaka d'origine scythe s'y installèrent, poussant leurs conquêtes jusqu'en Inde centrale. Enfin, peu après le début de l'ère chrétienne, semble-t-il, et pour trois sièc […]
