3. L'expansion économique
À la stagnation qui avait caractérisé la première moitié du xviiie siècle succéda un essor économique, dû surtout à l'introduction d'industries nouvelles (sucre, coton). Les luxueux hôtels du centre de la ville témoignent de cette prospérité. Sous la domination française, de 1794 à 1815, L. Bauwens introduisit la mule-jenny de Crompton, ce qui entraîna l'établissement de nombreuses filatures de coton. La métallurgie s'y ajouta à l'époque où la Belgique était rattachée au royaume des Pays-Bas (1815-1830). À la même époque fut ouvert le canal de Terneuzen, qui dota la ville d'un accès à la mer. En 1838, la première filature de lin fut fondée. Gand était redevenue une ville prospère. En 1814 y fut signé le traité mettant fin à la guerre anglo-américaine. Au printemps suivant, Louis XVIII y passa les Cent Jours.
Quand éclata la révolution de 1830, la bourgeoisie gantoise était « orangiste », c'est-à-dire favorable au maintien de la Belgique à l'intérieur du royaume des Pays-Bas, et elle le resta jusque vers 1840. L'extension de l'industrie provoqua alors la formation d'un prolétariat qui devait faire de Gand le principal foyer du socialisme en pays flamand. La ville joua aussi un rôle important dans le mouvement flamand, dont l'un des enjeux fut le régime linguistique de l'université (fondée en 1817, néerlandisée en 1923-1930).
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