Le pays n'améliore pas son image en 2009 : atteintes à la liberté d'expression, enlèvements et passages à tabac arbitraires perpétrés sur des citoyens par des agents de l'État se poursuivent. Le rédacteur en chef du quotidien indépendant The Point est accusé d'avoir révélé l'arrestation d'un diplomate gambien. Le journaliste Ebrima Manneh est, quant à lui, porté disparu depuis son arrestation en 2006 ; la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, dont le siège se trouve à Banjul, la capitale gambienne, enjoint le gouvernement de le libérer. En mars, Amnesty International rapporte que près d'un millier de Gambiens ont été détenus et torturés à l'issue de chasses aux sorcières approuvées par l'État. Ces opérations ont cessé et les prisonniers ont été relâchés, mais le gouvernement ne condamne pas les faits. En mai, le président Yahya Jammeh demande à un opposant en vue de cesser ses critiques s'il ne veut pas finir en prison. La Cour de justice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest auditionne un journaliste gambien qui rapporte un cas de torture perpétré par des agents des services de renseignement nationaux. Plusieurs journalistes sont arrêtés en juin et jugés : ils sont accusés d'avoir critiqué la campagne de diffamation que le président Jammeh a lancée contre Deyda Hydara, rédacteur en chef de The Point sauvagement assassiné en 2004, et d'avoir suggéré que l'État était responsable de ce meurtre. Condamnés à deux ans d'emprisonnement en août, ils bénéficient cependant d'une grâce présidentielle en septembre, à la suite des critiques formulées par la communauté internationale.
Christopher SAUNDERS
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