
Gentilhomme anglais, voyageur et explorateur (Narrative of an Explorer in Tropical South Africa, 1853), savant qui s'intéressa de façon brillante aux disciplines les plus diverses, sir Francis Galton a surtout contribué à l'étude de l'homme (par l'anthropométrie et l'eugénique) et, plus précisément, à la naissance de la psychologie différentielle.
Cousin de Charles Darwin, Galton a été attiré en particulier par le problème de la transmission héréditaire des capacités intellectuelles, problème qu'il étudia à travers de nombreux personnages de génie appartenant à des familles célèbres (Hereditary Genius, 1869). Il propose de mesurer le « génie » d'un individu par la proportion (c'est-à-dire la fréquence) des sujets qui, dans la population, se situent au-dessous de lui ou parviennent à le dépasser. C'est ainsi qu'en 1884, dans son laboratoire d'anthropométrie de Londres, il utilise comme instruments de mesure les tables de « percentiles », qui permettent de voir quel pourcentage de la population dépasse un individu, pour chacune des mesures effectuées. Ce principe et cette méthode sont, depuis lors, restés en usage dans la psychologie différentielle sous la forme de l'« étalonnage » des tests.
L'apport de Galton intéresse ainsi la nature même des mesures à pratiquer. Au lieu d'analyser de manière de plus en plus fine, comme dans le laboratoire de psychologie expérimentale, un phénomène mental à partir de quelques sujets longuement observés, sa méthode incite à mesurer très rapidement un grand nombre d'individus, ce qui rend possible l'étude statistique des différences individuelles et l'apparition des épreuves qu'on appellera plus tard les tests mentaux.
En appliquant cette méthode aussi bien à l'étude des différences physiques (par exemple, la taille) qu'à celle des supériorités ou infériorités intellectuelles, et en rapportant les données à l'hérédité des sujets concernés, Galton en vient à sa plus grande découverte : l'idée et le calcul du coefficient de corrélation. Dans Natural Inheritance (1889), il montre, en effet, comment on peut exprimer par un nombre le degré de liaison observée entre tel phénomène biologique, économique, social, physique même, et tel autre phénomène pouvant relever de séries très différentes. Instrument de ce calcul des liaisons entre des variations, le coefficient de corrélation fut ensuite perfectionné par un disciple de Galton, le mathématicien Karl Pearson (1857-1936) et conduisit à l'essor de ce qu'on allait appeler l'analyse factorielle.
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