2. « Le Messager céleste »
Informé, en juin 1609, par le Français Jacques Baudouère, des propriétés d'un instrument d'optique récemment apparu aux Pays-Bas, Galilée s'appliqua aussitôt à le construire à partir des données sommaires qui lui étaient communiquées : association de deux lentilles, l'une convergente, l'autre divergente. Il ne tarda pas à obtenir un résultat supérieur à celui des artisans hollandais, avec un grossissement linéaire de 30. Dès le 21 août, il fit de sa longue-vue une présentation spectaculaire à quelques patriciens de Venise, bien qu'il ignorât le fonctionnement exact de l'instrument et les aberrations diverses qui l'affectent avec l'augmentation du grossissement. À l'automne, tandis que Kepler venait de publier les deux premières de ses célèbres lois cinématiques du mouvement des planètes, il entreprit d'utiliser l'appareil pour explorer le ciel.
C'est avec une rapidité surprenante qu'il réunit en quelques mois la matière d'un petit ouvrage appelé à un immense retentissement. Publié le 12 mars 1610, le Sidereus Nuncius (Le Messager céleste) apporte, en une centaine de pages, de quoi révolutionner l'astronomie commune.
Pour situer cette affirmation et dégager de la structure du livre la leçon qu'elle comporte par rapport à l'auteur, quelques détails s'imposent.
Après la présentation de la lunette, promue au rang d'instrument astronomique, de longs développements sont accordés au résultat de l'observation de la Lune, et le lecteur moderne peut s'étonner non seulement de cette longueur, mais aussi de la prudence qui préside aux conclusions proposées. Celles-ci concernent essentiellement, par l'interprétation des variations des ombres, l'existence d'un relief important à la surface de la Lune (relief qui apparente l'astre à la Terre) et, par les variations de luminosité de la face obscure de la Lune, l'existence d'une réflexion par la Terre de la lumière solaire. Si Galilée se borne à assurer ainsi, avec beaucoup de soin et de précautions, les ressembl […]
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