2. Sensations et perception
« L'originalité de Miró, écrivait son traducteur français Raymond-Jean Vidal, réside dans son sensualisme esthétique, dans son besoin de saisir la réalité par le dedans, de vivre le rythme même des choses, de se fondre en elles, d'en noter les correspondances, d'en poursuivre la possession jusqu'au seuil de l'indistinct où elles se rapprochent à se confondre, dans l'avidité de ne rien laisser échapper qui pût être une émotion, dans cette soif de vivre par tous les pores. » C'est dans cet élan saisi de vertige qui le projette au cœur des choses et des êtres que Miró trouve son génie ; ces mots, qu'il applique à Sigüenza, son double, le révèlent d'abord lui-même : « Cet homme regardait et aspirait avec une telle violence qu'il en éprouva de la lassitude et de la douleur dans sa chair. »
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