3. L'évolution de la fugue
• Des formes mineures
Historiquement, l'évolution de la fugue montre tout d'abord une longue oscillation entre la modalité et la tonalité, tout au long de deux siècles, le xvie et le xviie, où se fixent peu à peu les règles d'un jeu auquel les plus grands compositeurs apportent des améliorations successives. Des « sous-formes » de la fugue ont pris naissance en même temps que la fugue elle-même. Il y a la fughette, petite fugue considérablement simplifiée et qui cherche à ne point rebuter un auditoire qu'indisposerait peut-être un genre trop sévère. Il y a le thème fugué, qui se contente d'emprunter à la fugue ses éléments essentiels, sans se perdre dans d'inutiles développements. Mais il y a aussi le redoutable fugato, qui n'est en quelque sorte qu'un démarrage de fugue : lorsqu'il arrive dans une œuvre où manifestement le compositeur ne trouve plus rien à dire, il essaye de tromper l'auditeur et de lui faire croire à un rebondissement de l'intérêt. Or, la plupart du temps, il n'en est rien, et le fugato ne fait que masquer une totale pénurie d'inspiration. Ce n'est pas sans raison que l'arrivée d'un fugato suscite des inquiétudes trop souvent fondées.
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