Navigateur anglais. Valeureux soldat et marin de grande expérience, Martin Frobisher fréquente les côtes de Guinée dès 1553-1554, puis navigue en Méditerranée, avant d'être corsaire — et peut-être pirate — dans la Manche au cours des années soixante. En cette seconde moitié du xvie siècle, l'attention des découvreurs se porte à nouveau sur le passage du Nord-Ouest comme voie d'accès possible au Pacifique et à ses richesses, après les échecs auxquels avaient donné lieu les tentatives pour atteindre la Chine par le nord-est (Chancellor, Burrough).
Frobisher, soutenu par la Couronne, l'aristocratie et les marchands de la City, dirige trois expéditions dans l'extrême Nord canadien. Au cours de la première, en 1576, il découvre la baie qui porte son nom et revient en Angleterre persuadé qu'il s'agit du détroit qui sépare l'Amérique de l'Asie, certitude renforcée par les traits mongoloïdes des Esquimaux avec qui, pour la première fois, il entre en rapport. La Compagnie du Cathay se constitue, et il repart, en 1577, avec mission de ramener un chargement de pierres noires dont il avait rapporté un échantillon l'année précédente et qu'on croyait aurifères alors qu'elles n'étaient que des pyrites sans valeur. Enfin, lors de son troisième voyage, en 1578 à la tête d'une flotte de quinze navires qui sera dispersée par la tempête, il tente vainement de débarquer des colons sur la terre de Baffin. Ces échecs successifs provoquent la faillite retentissante de la Compagnie du Cathay et mettent un terme provisoire aux explorations arctiques.
Frobisher poursuit sa carrière au service de la reine d'Angleterre. Il se couvre de gloire en combattant l'Invincible Armada (1588) et fait partie des troupes qu'Élisabeth envoie en France pour aider Henri IV dans sa lutte contre les ligueurs et les Espagnols. Il est mortellement blessé à l'attaque du fort Crozon, près de Brest.
Jean-Marcel CHAMPION
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