Fondateur, avec le père Wilhelm Schmidt, de l'école diffusionniste de Vienne, Graebner précéda néanmoins son collaborateur dans la formulation des principes majeurs de la nouvelle théorie. Il exposa sa thèse en 1911 dans Methode der Ethnologie (Heidelberg). Ses principaux ouvrages sont Ethnologie, publié dans la collection Die Kultur der Primitiven (t. V, Leipzig, 1923), et Das Weltbild der Primitiven (Munich, 1924).
Sa carrière fut celle d'un muséographe. Il appliqua d'abord sa méthode de recherche aux populations océaniennes, puis étendit son interprétation à l'Afrique et à l'Amérique. Il crut pouvoir schématiser l'ensemble des civilisations océaniennes en six faciès culturels, qu'il faisait se succéder dans le temps : la période tasmanienne, la période australienne ancienne, la période totémique, la période des moitiés (« les phratries », en principe exogames), la période de la culture mélanésienne de l'arc et, la plus récente, la période polynésienne. Il fonda ces diverses séquences sur des éléments caractéristiques qu'il retrouvait ensuite au sein des autres complexes culturels, en Afrique et en Océanie.
Après Frobenius, c'est à lui que revient le mérite d'avoir défini le concept de Kulturkreise ; mais il se garda des outrances que devaient commettre, en Angleterre, Elliot-Smith et Perry. Après Graebner, les diffusionnistes, en effet, ont systématisé à l'excès cette notion d'aire culturelle, qui représente néanmoins une acquisition définitive de l'ethnologie.
Jean POIRIER
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