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KARINTHY FRIGYES (1887-1938)

De son vivant, il s'efforçait de faire admettre que, à l'encontre de l'opinion générale, son humour relevait des accidents de parcours, tandis que la vraie valeur de ses écrits était à chercher dans sa philosophie. Cependant, cette distinction est parfaitement artificielle, car la foi de cet écrivain dans le progrès technique, son rationalisme et son scepticisme, son apolitisme et son attitude antifasciste se retrouvent indifféremment quand il rit ou quand il est sérieux.

Né dans une famille très ouverte à la vie culturelle animée de Budapest, Frigyes Karinthy s'essaie dès son enfance à la poésie, au roman et à la traduction de son poète préféré, Heine ; les sciences l'attirent également. Il obtient son premier grand succès avec un recueil de caricatures portant sur la personnalité des écrivains contemporains et tenant lieu de critique littéraire proprement dite. Son Így írtok ti, 1912 (Ainsi écrivez-vous) est donc d'un nouveau genre, dans lequel il imite les attitudes affectées que l'on suppose être généralement le style des écrivains. Il se glisse avec un égal bonheur sous la peau des lycéens dans Tanár úr kérem, 1916 (S'il vous plaît, Monsieur le professeur), esquisses pleines de justesse psychologique et d'auto-ironie. Celle-ci devient un personnage à part entière dans de nombreux récits brefs, lorsqu'elle est incarnée par l'autre moi qui habite l'auteur et qui le fait rire, par exemple lorsqu'il doit présenter ses condoléances à Stanci néni (Tante Stanci). Aux rares moments où ce second moi se tait, Karinthy écrit de beaux poèmes. Il projette également de clarifier les idées confuses de l'époque dans sa Nouvelle Encyclopédie. L'assujettissement de l'homme à la femme est le thème du roman fantastique, Capillaria (1921).

Sa curiosité, son humeur ludique et son humour noir sont à l'origine d'un chef-d'œuvre, Utazás a koponyám körül, 1937 (Voyage autour de mon crâne). Dans ce roman, ce n'est plus l'imagination, mais « la réalité qui compose » : l'écrivain s'observe avec un détachement héroïque au cours de l'évolution de sa maladie et de son opération d'une tumeur au cerveau.

Véronique KLAUBER

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Écrit par :  Jean BÉRENGERLorant CZIGANYAlbert GYERGYAIPierre KENDEEdith LHOMELMarie-Claude MAURELFridrun RINNER Universalis

Dans le chapitre "Buisson ardent de talents"  : …  fois passionnés et poétiques, conteur d'une verve inépuisable, maniant une langue forte et riche. *Frigyes Karinthy (1888-1938), si différent qu'il soit, n'est pas loin de le valoir ; à la fois génial et inégal, philosophe au sourire amer et d'une logique excessive, dévoré trop vite par le journalisme, comme tant de contemporains. Déjà à la fin du… Lire la suite

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