3. Le poète de la nature
Dans Werther, Charlotte, contemplant l'orage qui se déchaîne, murmure simplement : « Klopstock. » Elle songe, et Werther avec elle, à L'Ode au printemps. Klopstock fut en effet le poète sentimental de la nature. Sous l'influence des Nuits de Young, puis plus tard d'Ossian, il chante la mélancolie des tombeaux et de la nuit : Die frühen Gräber (Les Tombeaux précoces), Sommernacht (Nuit d'été). Mais ce qui domine, en particulier dans les odes de la période de Copenhague, c'est une interprétation philosophique et religieuse de la nature. Si au début la nature apparaît avant tout comme la Création, signe visible de la toute-puissance de Dieu, on constate un acheminement à un panthéisme, voire à un pandynamisme proches de ceux du jeune Goethe, dont Klopstock n'est finalement séparé que par sa foi inébranlable en un Dieu personnel. Enfin, il n'est pas impossible de trouver dans quelques odes comme Die Gestirne (Les Astres) et dans certains passages du Messias (chant XI) la préfiguration du symbolisme mythique de Novalis.
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