Salué comme le créateur du « roman géographique » par Gide, Thomas Mann, Yeats, lors de la parution, en 1935, des Asiatiques(traduit en 1947), Frederick Prokosch n'a pas connu toute la renommée que son talent laissait espérer. Trop baroque pour répondre aux critères d'une reconnaissance officielle et trop classique pour exercer la séduction du non-conformisme, il semble le plus souvent hésiter entre les outrances du visionnaire et un réalisme de feuilleton. Deux cultures, il est vrai, s'affrontent en lui, et l'un de ses traducteurs est fondé à souligner que « le Nouveau Monde lui a appris à vivre et l'Ancien à écrire ».
Né de parents autrichiens le 1er mai 1908, à Madison, dans le Wisconsin, il étudie aux États-Unis mais aussi en France, en Allemagne, en Autriche, en Angleterre, notamment à Cambridge. Une thèse sur les Apocryphes chaucérienslui vaut un poste de professeur d'anglais à l'université de Yale (1931-1933), où son père avait été professeur de langues germaniques, et à l'université de New York. Un voyage en Asie lui inspire un premier roman, Les Asiatiques,dont le succès est immédiat et détermine sa carrière d'écrivain. Il […]
