Né à Mayence, Franz Bopp étudie à Paris de 1812 à 1816 (le persan, l'arabe, l'hébreu, le sanskrit), puis à Londres de 1816 à 1820. Il est le fondateur de la méthode comparative en linguistique. Son ouvrage, Le Système de conjugaison du sanscrit comparé avec celui des langues grecque, latine, persane et germanique, etc. (Über das Konjugationssystem der Sanskritsprache in Vergleichung mit jenem der griechischen, lateinischen, persischen und germanischen Sprache, 1816), eut une importance considérable dans le développement et l'évolution de la philologie.
Technicien avant tout, Bopp échappe à la vague romantique, aux écarts visionnaires ou philosophiques ; partant de l'idée d'une filiation entre les langues qu'il étudiait et le sanskrit (il crut même un temps que le sanskrit était la langue mère), il tente d'établir des correspondances entre les langues, de ramener les différences et les évolutions à des règles. C'est de cette problématique que naîtront les lois de Grimm (Deutsche Grammatik, 1822) ou plus tard de Verner (1875). Son importance historique est aussi bien soulignée par Antoine Meillet qui écrivait : « Il a trouvé la grammaire comparée en cherchant à expliquer l'indo-européen, comme Christophe Colomb a découvert l'Amérique en cherchant la route des Indes », que par Giulio Lepschy pour qui l'histoire de la linguistique scientifique commence avec Bopp plutôt qu'avec Herder, Wilhelm Humboldt ou les frères Schlegel.
Certes, plusieurs thèses de Bopp sont aujourd'hui tombées en désuétude. Celle, en premier lieu, du sanskrit conçu comme une langue mère. Celle aussi du déclin des langues (la langue était comparée à un organisme vivant qui naissait, se développait et se dégradait à travers l'usage qu'en faisaient les hommes), celle enfin de la répartition des racines indo-européennes en deux groupes (racines nominales, d'où proviendraient dans les langues indo-européennes les noms, les verbes et les adjectifs, racines pronominales, d'où seraient issues les marques grammaticales, les pronoms et les prépo […]
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