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MARTIN FRANK (1890-1974)

Contemporain d'Arthur Honegger, Frank Martin a occupé dans la vie musicale suisse une place analogue à celle de son compatriote, mais qu'on ne lui reconnaît pas encore.

Fils d'un pasteur protestant, il voit le jour à Genève et se destine d'abord aux mathématiques. Il ne s'oriente définitivement vers la musique qu'à l'âge de vingt ans. Au Conservatoire de Genève, il travaille avec J. Lauber et Émile Jaques-Dalcroze. Au cours de différents voyages, il découvre les grands courants esthétiques des années vingt, notamment l'impressionnisme. À Paris, il approfondit ses recherches rythmiques en étudiant les musiques de l'Antiquité et de l'Extrême-Orient. De retour en Suisse, il est nommé professeur d'improvisation et de rythme à l'Institut Jaques-Dalcroze de Genève (1928-1939), puis professeur de composition au Technicum moderne et au conservatoire de Genève. Il préside l'Association des musiciens suisses (1942-1946) puis se fixe aux Pays-Bas, à Naarden. De 1950 à 1957, il enseigne à la Hochschule für Musik de Cologne.

Sa musique reflète la plupart des tendances dominantes depuis le début du xxe siècle. Après avoir adopté l'héritage wagnérien, il réagit avec passion en choisissant une écriture classique teintée d'impressionnisme. Les recherches rythmiques de Jaques-Dalcroze trouvent un écho important dans sa production. Rapidement, le classicisme des années vingt tourne à la dissonance et il adopte l'écriture sérielle à laquelle il donne une chaleur humaine qui le ramène à la tonalité, à la fin de sa vie. Parallèlement à cette recherche esthétique, Frank Martin est soumis à différentes influences culturelles apparemment opposées qui permettent, dans une large mesure, de comprendre son cheminement esthétique. Francophone, il possède une culture fortement germanisée ; protestant, il s'épanouit dans des créations religieuses d'inspiration catholique ; l'homme est grave, méditatif et son tempérament tourmenté ne trouvera son équilibre qu'aux Pays-Bas, là où l'opposition entre les caractères latins et germaniques est moins accentuée.

Son œuvre, très a […]

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Écrit par :  Carl de NYS

Dans le chapitre "Évolution et style"  : …  , mais surtout Jeanne au bûcher (1935) et La Danse des morts (1938). Le Suisse *Frank Martin, avec Et in terra pax (1944) et Golgotha (1945-1948), est sans doute le plus représentatif d'un genre qui a montré ses possibilités de renouvellement et de vie dans des œuvres plus récentes encore, comme La VéritéLire la suite

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