Contemporain d'Arthur Honegger, Frank Martin a occupé dans la vie musicale suisse une place analogue à celle de son compatriote, mais qu'on ne lui reconnaît pas encore.
Fils d'un pasteur protestant, il voit le jour à Genève et se destine d'abord aux mathématiques. Il ne s'oriente définitivement vers la musique qu'à l'âge de vingt ans. Au Conservatoire de Genève, il travaille avec J. Lauber et Émile Jaques-Dalcroze. Au cours de différents voyages, il découvre les grands courants esthétiques des années vingt, notamment l'impressionnisme. À Paris, il approfondit ses recherches rythmiques en étudiant les musiques de l'Antiquité et de l'Extrême-Orient. De retour en Suisse, il est nommé professeur d'improvisation et de rythme à l'Institut Jaques-Dalcroze de Genève (1928-1939), puis professeur de composition au Technicum moderne et au conservatoire de Genève. Il préside l'Association des musiciens suisses (1942-1946) puis se fixe aux Pays-Bas, à Naarden. De 1950 à 1957, il enseigne à la Hochschule für Musik de Cologne.
Sa musique reflète la plupart des tendances dominantes depuis le début du xxe siècle. Après avoir adopté l'héritage wagnérien, il réagit […]
