3. Masculin > féminin
Face à la formule inexistante [G = X] ≠ P se dresse le massif du modèle iroquois-omaha, [G = P] ≠ X, qui ne pourrait pas mieux en réaliser l'antithèse, puisqu'il isole le fameux cousin croisé. Ici, on l'a vu, les cousins croisés sont nettement distingués du groupe des « frères » et « sœurs » (germains et cousins parallèles confondus) ; et, dans leur altérité bien établie – qui ne donne pas lieu pour autant à des mariages préférentiels –, ils sont pour Ego ou bien des « neveux utérins » ou bien des « enfants ». Tout dépend du sexe d'Ego. Or ce phénomène s'explique si l'on tient compte du fait que le cousin croisé n'est pas simplement marqué par les séquelles d'une différence, mais aussi du fait que cette différence n'est pas symétrique. C'est la dominance du masculin qui oriente tout le réseau des relations obliques entre Ego et son cousinage. À l'identité parfaite du frère avec le frère (aînés et cadets confondus) répond le clivage qui sépare le frère et la sœur : pour ces derniers, le fait de partager les mêmes géniteurs ne suffit pas à neutraliser l'évidence de l'infériorité féminine. Le résultat est que la sœur devient une « fille » ; elle est toujours plus jeune que son frère. Le contraire n'est jamais vrai : ni dans les systèmes omaha patrilinéaires et patrilocaux, ni, ce qui est bien plus remarquable, dans les systèmes de type crow, qui, en principe, sont matrilinéaires et matrilatéraux. « Alors que la règle de projection oblique crow normalement utilisée devrait transformer tous les frères d'une femme en équivalents de fils pour elle (par les conséquences terminologiques qui s'ensuivent aux générations suivantes), marquant ainsi la prééminence structurale de la sœur sur le frère, les effets de cette règle sont atténués par la convention qui veut que l'aînesse réelle du frère réintroduise une égalité avec la sœur et, réciproquement, que la naissance réellement cadette d'une sœur détruise sa prééminence structurale sur son frère. La dominance féminine, impliq […]
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