François Nourissier est né à Paris en 1927. Il raconte avec humour dans Le Musée de l'homme (1978) qu'il s'était inventé, à une certaine époque, une identité de « Lorrain de fantaisie », à défaut de pouvoir produire des origines sociales plus légitimées. Il a huit ans quand son père meurt subitement à côté de lui, tandis qu'ils sont au cinéma. Le monde de son enfance est étouffant, catholique et féminin. Sans doute faut-il voir là l'origine de composantes essentielles de sa personnalité. En 1945, il fait partie des bénévoles qui, à l'hôtel Lutétia, accueillent les déportés qui reviennent des camps, et il publie, entre 1949 et 1952, des travaux sur les personnes déplacées, tout en poursuivant des études supérieures à Sciences Po. Il occupe d'importantes fonctions éditoriales, chez Denoël de 1952 à 1955, chez Grasset de 1958 à 1996. Élu à l'académie Goncourt en 1977, qu'il quittera en 2008, il assume les contraintes de la position de secrétaire général à partir de 1985, puis de président de 1996 à 2002. Sa connaissance intime du milieu littéraire se retrouve dans plusieurs de ses ouvrages, comme Les Chiens à fouetter (1957).
Nombre des événements de la vie […]
