4. La Fronde et la dernière manière de Mansart
Après cet échec, et durant les émeutes de la Fronde, Mansart se contenta de dessiner et de transformer un certain nombre d'habitations particulières destinées à la bourgeoisie et à la petite noblesse. Dans ces œuvres, son style devint plus plastique, avec des éléments décoratifs plus simples (hôtel de Jars et hôtel de Guénégaud des Brosses) ; il montra une grande habileté dans son traitement de sites restreints et dans son adaptation d'éléments déjà existants (hôtel de Guénégaud-Nevers, hôtel de La Bazinière et hôtel de Condé). Pour ces derniers, Mansart créa un type d'escaliers progressivement plus mouvementés et curvilinéaires, évolution qui connaît son aboutissement avec l'escalier de l'hôtel d'Aumont : celui-ci s'amenuise et tourne de telle sorte qu'il revient sur lui-même dans la largeur de la cage. Contrairement à ce que prétend La Mansarade, Mansart semble avoir toujours respecté l'œuvre de ses prédécesseurs lorsqu'il a transformé des bâtiments existants. C'est particulièrement vrai dans le cas de l'hôtel Carnavalet où il eut beaucoup de difficultés pour préserver et mettre en valeur l'entrée sur la rue dessinée par Pierre Lescot.
Mansart n'eut plus jamais l'occasion de concevoir un château dans son ensemble, mais on lui confia la transformation d'un certain nombre de châteaux déjà édifiés, et il réalisa une œuvre d'avant-garde dans ses plans de terrasses, de jardins et de pièces d'eau. Il est établi que ses dessins de jardins pour Maisons, Fresnes, Limours, Petit-Bourg et Gesvres ont fourni un modèle pour la fin du xviie siècle et ont grandement influencé Le Nôtre. Il reste peu de vestiges de ces dessins, ni même des dernières œuvres de Mansart, mais, pour autant qu'on puisse en juger d'après un pavillon qui subsiste au château de Gesvres, l'œuvre de Mansart à cette époque prit un peu de cette terribilità qu'on associe à la dernière manière de Michel-Ange.
Pour l'achèvement de l'église des Minimes, en 1657, Mansart proposa une haute composition pyramidale, avec un dôme et des tours d'encadrement, semblable à ce qui fut fait à la même époque pour l'église Sainte-Agnès sur la piazza Navona à Rome, et inspirée des plans centraux italiens de la première Renaissance. Ce fameux portail ne fut jamais achevé, et la partie qui en avait été élevée a malheureusement été détruite.
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